02 avril 2008
AVIS AUX EXPEDITEURS DE COMMENTAIRES
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24 mars 2008
C'EST NAUJAC QU'ON INSULTE
Le "mai", dressé dans l'après-midi du vendredi 21 mars, a été abattu par des vandales, inconscients de la portée de leur acte, dans la nuit de dimanche à lundi. Les gendarmes de Lesparre, appelés sur les lieux, ont fait les constatations d'usage. Les journalistes locaux étaient également présents et le maire de Naujac va déposer plainte.
Les auteurs de ce vandalisme icônoclaste ont bafoué les valeurs de la République en s'attaquant d'une façon stupide et lâche aux symboles dont ils ne connaissent ou ne reconnaissent peut-être pas la valeur. Ce simple mât était sacralisé de par les signfications dont il était porteur : les trois couleurs, l'insigne de la République Française et de la démocratie dans la représentation de la volonté populaire exprimée le 9 mars dernier.
Même sous l'empire de l'alcool, ce geste est inexcusable : boire ou savoir se conduire, il faut choisir. En ne respectant pas ces valeurs sacrées pour tout citoyen français digne de ce nom, les vandales ont porté atteinte aux fondements mêmes de notre société et de notre nation.
Le "mai" abattu
C'est la République qu'on piétine
C'est La Marseillaise que l'on siffle
C'est Naujac qu'on insulte.
08 février 2008
LES LIEUX-DITS
ILS NOUS ONT « SUCRE » LAMBROISE !
Je suis furieux parce que j’espérais que « nos vertes campagnes », à l’abri de l’hystérie citadine, échapperaient encore pour quelques années au phénomène de dé-civilisation. C’est le philosophe Alain Finkielkraut qui a inventé ce terme. Ma colère est née parce qu’ils nous ont « sucré » Lambroise. Nom de lieu disparu au champ d’horreur du nouveau classement des voies communales. Effacé Lambroise ! Mais savez-vous d’où vient ce nom ? Il vient du vieux français lambrusque qui désignait une vigne sauvage. On le trouve, entre autres, dans un poème de Ronsard (1524-1585) : Le bel aubépin. Vous rendez-vous compte qu’on supprime de la toponymie de notre village une référence historico-culturelle qui n’a pas de prix ? C’est un peu comme si l’on avait jeté La Joconde dans les poubelles du Smicotom.
Vous pensez : Il est « louf »ce type ! Que nenni. Vous savez, les jeunes dits « des banlieues », s’ils commettent des incivilités c’est qu’ils sont dé-civilisés parce qu’on ne leur a pas transmis l’essentiel, à savoir une culture. Attention, la culture ce n’est pas qu’un « grand machin intellectuel » asphyxié sous la poussière des musées ou des bibliothèques, c’est un processus d’identification à un passé, à une mémoire, à un système de valeurs, à des traditions qui font partie intégrante de notre identité. C’est la « parole de nos pères » dans laquelle nous nous reconnaissons, aussi naturellement que nous reconnaissons notre image dans le miroir. Voilà pourquoi Lambroise faisait partie de notre patrimoine culturel, parce qu’il avait un sens historique en véhiculant un peu de la mémoire des ancêtres. Oui, je suis furieux qu’on n’ait pas retenu (comme noms de rues) des noms qui avaient, outre leur suave parfum occitan, leur justification géographique. Des noms comme l’Aygue Bonne (la bonne eau), Pey Bruga (la butte aux bruyères), Pasturon (les pâturages), le Sorlut (la boue, le limon), les Apieys (les puits), le Barenat (le creux humide), Poumeyrette (lieu planté de pommiers), Verdolet (lieu où poussent les vergnes)…...et tant d’autres qui seront rayés de la toponymie communale comme une amputation d’une partie de notre identité et de nos racines. Une confiscation de l’héritage à transmettre aux générations montantes.
Je dis cela avec d’autant plus de liberté que je ne suis pas natif de Naujac. Je ne suis pas un vrai Naujacais comme me le reprochent certains, je suis issu de l’immigration bordelaise dans les années 80. Je le dis parce que je suis un amoureux de la langue française et que j’ai gagné ma vie en tant que « passeur » entre les générations, c’est à dire enseignant. Alors quand je lis dans le Lien sous la plume de l’auteur des « News » ! ! (ça fait toujours bien un anglicisme même si on ne parle pas l’anglais) : « Quelques-uns voient avec mélancolie disparaître les lieux-dits souvenirs du passé », permettez-moi de répondre à cette angélique niaiserie que le préjudice est bien plus important que ça.
De furieux, je me suis retrouvé affligé par le triste spectacle que nous a donné la municipalité aux vœux de 2008. Là aussi, la dé-civilisation a montré qu’elle poussait ses pernicieux effets jusque dans notre petit village. Et ce n’étaient pas là des jeunes des cités qui ont fait preuve d’incivilité, c’étaient des adultes, soi-disant responsables, en enchaînant des discours haineux et vindicatifs en guise de vœux de bonheur. Paroles et attitudes qui étaient autant de variations sur le thème majeur de la soirée : Naujac appartient à une famille et à un clan et quiconque cherche à rétablir le libre jeu démocratique est un usurpateur. Pitoyable accrochage à un pouvoir et aux avantages qu’il procure. Et, cerise sur le gâteau empoisonné de la dé-civilisation, on a même eu droit à un début d’agression physique. Etait-on à Sarcelles ou à Villiers-le-Bel ? Non, juste à Naujac, paisible petit village rural et médocain. Je me suis rassuré en regagnant mes pénates. Sous la lune, le calme régnait.
C’est égal, ils nous ont quand même « sucré » Lambroise !
Gérard Libert
17 septembre 2007
UNIS DEPUIS SOIXANTE-CINQ ANS
"Robert, Jean-Marie ECRIVAIN, consentez-vous à prendre pour épouse Lucienne Emilie PERRIN, ici présente ?"....C'était le 12 septembre 1942 devant le maire de Blainville-sur-l'Eau (Meurthe-et-Moselle). En pleine occupation, alors que sévissait le rationnement et que la vie n'était pas facile. Le marié se souvient encore, avec humour, de ses chaussures à semelles de bois articulées. Elle avait 18 ans et était déjà "fan" du beau Tino Rossi dont la photo orne le séjour, encore aujourd'hui.
C'est un vieux couple qui a tenu bon contre vents et marées, à travers les joies et les épreuves inhérentes à toute vie. Elle, 83 ans, lui 86 et 65 ans de vie commune. A les voir aujourd'hui, on sent que s'est construit entre eux quelque chose d'unique et d'irremplaçable. On le perçoit, notamment, à cette sérénité partagée et à ces regards chargés de connivence et empreints de tendresse. Ils sont arrivés à Naujac il y a 60 ans et y ont fondé une famille, une grande famille de 13 enfants encore vivants. " Je vais fêter bientôt mon centième descendant, dit fiérement Robert. Entre les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ils sont 93 actuellement...et il y a des espérances en cours". Avec un débit étonnat, une mémoire intacte, il évoque ses souvenirs, ses "records" notamment : vingt traversées du Sahara, septième ligne de téléphone à Naujac, le plus vieux permis de conduire passé en 1939. Lucienne l'écoute, plaçant de temps en temps un petit commentaire pertinent. Pour reprendre l'image du rallye (il a fait Bordeaux-Dakar en 1970 !) : lui, pilote "à fond la caisse", elle, le navigateur qui connaît bien la route, veille au bon déroulement du discours.
Ils sont là, riches de souvenirs et entourés de cette famille qu'ils sont heureux d'avoir rassemblée autour d'eux et, à les écouter, on croirait entendre comme en fond sonore l'émouvante "Chanson des vieux amants" du grand Jacques Brel.
19 juin 2007
CEREMONIE DU 18 JUIN
On reconnaît, de droite à gauche, les porte-drapeaux Franck Malaquin et Michel Tristant, M. le Maire de Naujac, le groupe d'enfants avec la présidente Ghislaine Tristant, Jean-Bernard Dufourd s'apprêtant à lire l'appel du 18 juin et, de dos, Yves Bertolo "maître de cérémonie".





