06 février 2008
ADMINISTRATION DE LA COMMUNE
JAMAIS SANS LES AUTRES
La gestion de la commune est une affaire d’équipe. Ce n’est pas une formule, c’est une réalité incontournable. Certes, on met toujours en exergue la fonction de maire à laquelle restent attachés certains pouvoirs et surtout de lourdes responsabilités, responsabilités administratives mais aussi pénales dans les situations exceptionnelles. Mais dans la vie ordinaire d’un conseil, le maire est investi d’autres responsabilités, moins codifiées, plus implicites, mais tout aussi primordiales. Si l’administration de la cité est affaire d’équipe, le maire est chargé d’en maintenir la cohérence et la cohésion.
Il est souhaitable que dans une équipe municipale, la diversité et la multiplicité des compétences et des expériences recouvrent tous les aspects de la vie communale. Le potentiel ainsi réuni doit ensuite, pour être fonctionnel et efficace, s’articuler dans la cohérence, définie par la poursuite d’objectifs communs acceptés par tous après débat, et dans la cohésion, à savoir la mise en commun coordonnée des moyens pour atteindre lesdits objectifs. Si les instrumentistes connaissent leur partition et que le chef d’orchestre dirige avec précision, c’est la musique qui triomphe.
Diversité des compétences mais aussi diversité des opinions, des sensibilités, des regards qu’on porte sur la société et sur la vie. Cela ne doit pas constituer un obstacle dans le fonctionnement collectif. Il y a des références majeures susceptibles, en dernier recours, de rallier les adhésions. L’idée supérieure de l’intérêt commun, la garantie de la conviction démocratique qui implique la reconnaissance de l’autre et le respect de ses idées. On a besoin, sur la plupart des questions qui se posent, de plusieurs avis, le débat ne peut qu’enrichir la démarche et sécuriser la décision. Décision qui se voudra la meilleure possible dans les limites du réalisable car il y a des limites à cette quête du meilleur des mondes, ne serait-ce que des limites financières. Les divergences de points de vue sont inévitables et il ne faut surtout pas les éviter car c’est de la résolution de ce « conflit d’opinion » que naîtra la solution la plus viable ou la plus juste. Car toutes les options possibles auront été passées au crible. Il en restera, sinon des pépites, une idée raisonnablement applicable. Et peut-être quelque chose de moins matériellement appréhendable mais de non moins précieux qu’on appelle un consensus. Indice de la bonne santé d’une équipe.
Et que dire quand l’équipe municipale est composée pour partie de gens qui ont été élus sur des options différentes ? Des gens « d’une autre liste » pour ne pas remâcher indéfiniment le terme d’opposition. L’intérêt de la commune- car ces élus ont probablement des compétences – et l’observance démocratique veulent que leur intégration et leur participation au travail du collectif soient facilitées et sollicitées . C’est au maire à faire ce travail d’intégration et de coordination. Il doit transformer en forces vives ce qui risque de se muer en opposition stérile et contre-productive. La gestion de la commune est l’affaire de tous les élus sans exception, auxquels pourront même s’adjoindre quelques bonnes volontés citoyennes.
Une équipe élargie dont le travail devrait concerner l’ensemble des administrés, notamment à travers les associations. Une équipe faisant face aux nécessités du présent sans oublier de ménager l’avenir, en ouvrant des voies que les jeunes d’aujourd’hui pourront suivre demain.
Jean-Bernard DUFOURD



