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DES NOUVELLES DE LA FORÊT

           Autant en emporte le vent ! Il reste douloureusement gravé dans notre mémoire l’affligeant spectacle de notre forêt, au triste matin du 28 décembre 1999. Pins déracinés ou cassés, volis entremêlés, chablis sinistrement pointés vers le ciel….désespoir et désolation après la tempête. Quelle est la situation quelque sept ans après ? A Naujac, on compte 390 propriétaires forestiers mais tous ne vivent pas de la forêt. Elle constitue pour certains un patrimoine ou un revenu d’appoint. Après la catastrophe, l’Etat a mis en place un système d’aides au nettoyage des parcelles et au reboisement. Mais déjà, la répartition laisse à désirer. Il semble que des régions moins touchées aient perçu plus de subsides que la nôtre (Landes et Lot-et-Garonne par exemple). Certains n’hésitent pas à affirmer que le Médoc, le plus sinistré, a été le moins aidé. En outre, la dotation globale a été réduite au fil des années, de 50 millions d’euros au début, elle est passée à 30 puis à 20 millions. Les aides se poursuivent cependant jusqu’en 2013…..mais il faut 45 ans pour avoir un beau pin. Pour les sylviculteurs privés, le délai entre le dépôt du dossier et l’accord pour la subvention était de deux ans et demi, ce qui a retardé d’autant le début des travaux.

           Pour les communes, et Naujac notamment, l’attribution des subventions a été conditionnée par la soumission à l’ONF*. N’y avait-il pas des solutions pour résister à ce « chantage » ? D’autant qu’il n’y avait pas obligation de soumettre la totalité du domaine forestier communal. Des communes comme Gaillan et quelques localités du Bassin d’Arcachon ne se sont pas livrées totalement à l’organisation étatique. La commune de Naujac, qui compte en pins, semis, coupes rases, marais, pins taillis et taillis environ 811 hectares, a reboisé sous contrôle de l’ONF. On aurait pu, selon les spécialistes, intégrer plus de fossés. Mais cela aurait entraîné la construction de ponts qui reviennent plus cher actuellement (obligation d’une largeur de 7 mètres). Les ponts permettent cependant une meilleure circulation des engins pour les travaux et les services d’incendie.

           Sur le plan de l’équipement, il manque depuis toujours à la commune un indispensable tracto-pelle qui ne servirait d’ailleurs pas qu’aux travaux forestiers, matériel en question depuis des années mais jamais acquis. De même, que le Brimont, véhicule de surveillance des incendies, offert par le SDIS*, a été laissé non opérationnel bien trop longtemps. Heureusement, les relations entre la mairie et la DFCI* fonctionnent, c’est un partenariat à conserver et même à développer à l’avenir. D’autant qu’en cas d’incendie sur le territoire de la commune, c’est le maire qui est concerné (alors que c’est le Préfet si le feu est à cheval sur deux communes). Il peut même, par un arrêté, étendre jusqu’à 100 mètres la zone de débroussaillement autour des maisons. Elle n’est communément que de 50 mètres.

           Indépendantes du Syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest, des associations communales se sont créées, quelques-unes sous l’égide de la SAFER*. Par exemple chez nos voisins de Vendays ou de Hourtin. Ces associations ont pour but une restructuration foncière, un regroupement des parcelles pour faciliter les travaux et la transmission du patrimoine. Des aides de l’Etat, à la hauteur de 80% sont prévues pour financer ces opérations. A Naujac, rien n’a été entrepris en ce sens. Pourtant, les propriétaires ont tout intérêt à avoir un domaine forestier d’un seul tenant ou le moins dispersé possible. Peut-être une idée à promouvoir.

           Sur le plan purement économique, beaucoup de spécialistes se plaisent à reconnaître que la forêt a un avenir, surtout si l’on accepte et développe la biodiversité. On peut associer au pin d’autres essences. Le chêne, le peuplier et surtout l’acacia qu’on appelle déjà « le teck du pauvre » et qui se fraye des débouchés intéressants dans l’industrie du bois, en menuiserie, ébénisterie et mobilier notamment. Nos ancêtres avaient bien planté du chanvre car cette fibre textile était très utilisée à une époque. On retrouve les vestiges de ces plantations dans ces endroits appelés « cambas », dans notre commune même. Serions-nous moins imaginatifs et moins « industrieux » que nos anciens ?

* ONF : Office National des Forêts. Organisme d’Etat dépendant du ministère de l’agriculture.

* SDIS : Service Départemental d’Incendie et de Secours. Organisation départementale gérant les centres de sapeurs-pompiers. Dépend du Conseil Général.

* DFCI : Défense des Forêts Contre l’Incendie. Association syndicale autorisée chargée de la prévention des risques d’incendies.

* SAFER : Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural. Organise notamment le remembrement des propriétés agricoles.